Oyez, oyez braves gens ! Une nouvelle loi va être pondue par notre gouvernement : elle s'appelle loi "Création et
Internet", mieux connue sous le nom de loi "HADOPI". Il y a bien longtemps que j'avais envie d'écrire cet article, mais les nombreux rebondissements concernant cette loi m'ont contraint à revoir
ce projet. Mais cette fois-ci, je me lance. Je n'arrive pas encore à comprendre le sens de cette loi. Ou plus exactement, je ne vois pas ce qu'une loi vient faire dans ce domaine.
Je m'explique. Tout d'abord, je trouve que les membres des divers gouvernements ont la sale habitude de placer des lois dans tous les domaines civiles. C'est à croire qu'ils s'ennuient et que
cela les occupent. Une loi est, par définition, rigide et coercitive. En l'occurence, le projet est d'appliquer une "réponse graduée" à tous ceux qui échanges des données protégées par des
droits. Donc cela implique que les premiers téléchargements illégaux sont peu importants, car la sanction est petite (envoi d'une courrier), alors que les derniers sont très importants, car la
sanction est sévère (coupure de réseau pendant un an). Je ne vois pas où est la logique à ce postulat. Ensuite, je ne comprend pas pourquoi ceux qui téléchargent sont considérés comme des
criminels. En fait, je pense même que ces personnes sont logiques. J'ai toujours estimé tout au long de ma vie que l'être humain est rationel. Quand il pratique du commerce avec les autres,
il respecte le principe d'équilibre entre l'Offre et le Demande. Les deux se mettent d'accord sur un prix, l'échange est conclu. Aujourd'hui, les maisons de disques et les studios de cinéma
fixent des prix exhorbitants pour la vente de disques ou de DVD. Imaginez qu'un disque d'un chanteur inconnu contenant 12 chansons est vendu 20 €. Trop peu de personnes prendraient le risque
d'acheter ce disque à ce prix. Les seuls qui ne subissent pas ces baisses de ventes sont les artistes confirmés, dont le public connait la valeur. Il est prêt à investir 20 € car il sait qu'il
sera content de son investissement. Le téléchargement n'est ni plus ni moins qu'un moyen de revenir à l'équilibre. Un équilibre compris entre 0 et 20 €. Mais, histoire de contourner le
problème, ces mêmes maisons de disques ont mis en place le "téléchargement légal", c'est-à-dire qu'elles s'octroient le monopole de la légalité. Avec, évidemment, un prix toujours élevé.
Bref, cette loi confirme le monopole des maisons de disques à l'heure où des artistes se révèlent sur Internet et sont financés par des internautes confiant. Cette loi empêche la logique d'être
respectée. Les maisons de disques tendent à disparaître, mais cette loi les maintient sous perfusion. Je suis d'accord sur le fait que la propriété intellectuelle doit être protégé.
Mais, honnêtement et sans mauvaise foi, je ne vois pas pourquoi c'est à l'Etat de devoir encore une fois légiférer dans ces domaines si évolutifs, où la loi serait obsolète dès son
application.
Mais, après tout, c'est peut-être le moyen de cacher les vrais problèmes de cette société...